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Saint-Edme. 347
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Avons même remarqué que fur le théâtre et aus premières loges il y avoit beaucoup de monde de l'un et de l'autre fexe qui paroiffbient être de diftinc-tion, et ferions à Pinftant fortis du jeu et aurions encore tiré une féconde fois à part ledit Bazin et lui aurions dit qu'il prit garde à ce qu'il faifoit; que l'ordre de M. le Lieutenant général de police n'étoit pas peut-être fi précis que d'ordonner de faire fermer un jeu lorfqu'il étoit commencé; qu'il y avoit audit jeu plufieurs perfonnes du premier rang qui ne manqueroient pas de s'en plaindre et que cela lui feroit des affaires ; qu'enfin il n'y avoit rien qui périclitât dans cette affaire et que, puifque le jeu étoit commencé et l'argent reçu, il pouvoit remettre à demain l'exécution de fon ordre pour les empêcher de jouer jufqu'à ce qu'il en fût autrement ordonné et que M. le Lieutenant de police ne défapprouveroit pas cette conduite. Auxquelles remontrances par nous faites audit Bazin, icelui Bazin ne nous a fait d'autre réponfe en parlant avec beaucoup de hauteur et d'infolence et avec exclamation, finon qu'il
avoit un ordre f..... et que quand il avoit un ordre f...... il l'exécutoit. Et
en même tems, le fergent aux gardes fufmentionné étant arrivé avec fept ou huit foldats de fa garde, il Ies a poftés à toutes les entrées et forties dudit jeu ct a ordonné audit fergent aux gardes de faire fortir tous ceux qui étoient dans le jeu et de leur faire rendre leur argent. Ce que nous voyant et le peu de rcfpect et de confidération que ledit Bazin avoit pour nos perfonnes et pour nos ordres, et refpcctant très-fort l'ordre qu'il difoit avoir de mondit fieur le Lieutenant général de police, quoiqu'il ne nous l'eût pas exhibé, nous nous fommes retirés et avons dreffé le préfent procès-verbal.
Signé : Guérin ; Defacq..
(Archîves des Comm., n° 1629.)
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III
L'an 1714, le jeudi 26 juillet, environ les quatre heures de relevée, ett venue par-devers nous Céfar-Vinccnt Lefrançois, etc., demoifelle Maric Duchemin, femme du fieur Louis Gauthier de St-Edmc, demeurant faubourg St-Lazare : Laquelle nous a fait plainte et dit que, quoique par fa conduite elle n'ait donné aucun fujet aux gagiftes et acteurs des fieurs Pellegrin et Octave de mécontentement, cependant le nommé Raguenet, acteur de Pellegrin, le nommé Châteauneuf, au fervice d'Octave et de Pellegrin, et autres quidams de leur part, font courir des bruits qu'ils feront alTafuner la plaignante, même le fleur Meufnier, prêtre de la congrégation de St-Lazare, et la dame de Baune; qu'ils ont un décret de prife de corps pour faire arrêter la plaignante et que c'eft un nommé Vernier, .huillier, qui eft chargé de ce décret. Et comme ce font des fuppofitions, elle fe voit obligée de venir pardevers nous nous rendre plainte de ce que deffus, avec d'autant plus de raifon
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